La factory

Au début quand on découvre le festival d’Avignon, on apprend vite à différencier le In du Off.

Le in c’est une quarantaine de spectacles subventionnés ou les compagnies et acteurs sont invités, payés et jouent à guichets fermés.

Le Off c’est environ 1500 spectacles où chaque compagnie se bat, paye pour louer un créneau dans un théâtre et arpente les rues pour remplir sa salle.

 

Ce que j’ai compris petit à petit c’est que certains lieux louent un créneau pour remplir leur planning, mais d’autres font leur sélection, pour mettre en avant des spectacles qu’ils ont choisi.

 

J’ai compris cela il y a quelques années aux théâtres des brunes.

 

Puis j’ai entendu que certains théâtres du Off étaient aussi subventionnés.

 

Cette année j’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un, qui rêve un Avignon autrement et qui depuis des années œuvre dans ce sens.

 

Laurent Rochut arrive en Avignon en 2012 avec l’idée d’un théâtre qui donnerait plus sa chance à la création et à l’accompagnement des compagnies.

En 2015, il devient directeur et programmateur du théâtre de l’Oulle et crée La Factory, c’est-à-dire la fabrique permanente d’art vivant à Avignon, un incubateur d’art vivant. Ouvert à toutes les disciples, théâtre, danse, musique, clown, spectacle visuel …En accompagnant ainsi toute l’année des compagnies émergentes, il leur propose du travail en résidence en mettant ses lieux et équipes à leur disposition.

Car si durant le festival le moindre lieu se transforme en théâtre, bien des lieux sont peu exploités à l’année alors que les compagnies ne savent pas toujours où travailler pour créer dans les meilleures conditions.

Son projet s’étoffe en 2018, avec un deuxième site, la Salle Tomasi, puis en 2021 avec La Chapelle des Antonins.

C’est donc aujourd’hui 3 salles qui accueilleront cet été 28 spectacles.

 

Alors aujourd’hui je me mets à rêver aussi, et si Avignon devenait vraiment plus que le Festival si connu en juillet, mais la ville de la création, ou chaque compagnie puisse s’épanouir et ne pas risquer sa situation sur un coup de dé. 

Si un spectacle sur 4 est vendu l’été combien de compagnie investisse et perde tout, combien sont exploitée par des salles qui louent des créneaux à des prix exorbitants.

Si plus de salle à l’image de La Factory pouvaient soutenir et accueillir gracieusement les compagnies dans toutes les étapes de l’écriture jusqu’à l’exploitation, Avignon et le théâtre s’en trouverait grandi.