Papy et mamy



Texte et mise en scène : Pierre-Jean Chérer

 Avec : 

Marie-Bénédicte Roy, Sarah Ibrahim ou Maëva Verliac, Clément Chérer, Pierre-Jean Chérer.

 Musique : 

Elan Chérer et Hélène Choyer.


Papy et Mamy vivent à deux mais parraissent chacun tout seul. Ils ne se parlent plus vraiment. Il n’y a plus d’échange, plus de partage, plus de communication. Quand ils se parlent, c’est sans mots, avec des regards, des gestes, et des onomatopés. Et ils râlent. Et ils font enrager l’autre, avec des comportements espiègles, comme des farces d’enfant mais avec des désillusions d’adulte.

Leur vie est ennuyeuse, routinière, sans saveur, déprimante. Les jours passent et se ressemblent. Il n’y a plus beaucoup de joie, plus beaucoup d’en-vie. L’amour s’est flétri. Les souvenirs joyeux sont enfouis sous la poussière des naperons et sous la monotonie du quotidien rythmé par les repas, les médicaments, et la télé.

 

Une assistante sociale leur annonce la venue d’aides à domicile. Leur réaction est un réflexe. C’est spontané, catégorique et sans négociation possible : « NON ». 

Mais l’arrivée d’une aide soignante et d’un kiné leur donne un regain d’energie. Ils redécouvrent des sentiments délaissés, oubliés, remisés. Ils prennent à nouveau soin d’eux-même, de leur corps, de leurs vêtement. Puis finalement, ils se retrouvent, eux qui se sont ignorés voire évités pendant longtemps, considérant peut-être l’autre comme un meuble, un boulet, un fardeau.

 

Le spectacle est caricatural (caricature de la vieillesse et des interventions extérieures), mais pas exagérément. Cela permet de mettre en évidence la réalité du temps qui passe, les sentiments qui se fânent, les habitudes qui envahissent tout et éteignent les désirs.

C’est à la fois drôle (on rit beaucoup) et poétique (beaucoup d’émotions). C’est une leçon de vie, un encouragement à ne pas laisser s’écouler les jours sans en prendre soin. Car la pièce  s’appelle « Papy et Mamy » mais elle concerne en fait tout le monde, tous les couples.

 

La musique, très jolie, m’est restée en tête pendant longtemps. Une petite bulle de tendresse et de calme, une petite perle d’émotion qui m’a accompagnée quelques jours pour mon plus grand plaisir. 

Maintenant, se sont les paroles de Jacques Brel qui me trottent en tête et me rappellent que chaque minute compte et peut être une aventure :

« Les vieux ne parlent plus, ou alors seulement, parfois, du bout des yeux. 

(…) ils n’ont plus d’illusions

(…) Et s’ils tremblent un peu, est-ce de voir vieillir la pendule d’argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui, qui dit non 

(…) Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s’ensommeillent, leurs pianos sont fermés 

(…) Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit ».

 

Emmanuelle BAUMONT pour PASSION THEATRE