Excusez-moi pardon



De et Avec : Stan Christophe Carrentunero


J’ai ri — vraiment ri — jusqu’à en avoir les larmes aux yeux. Ce rire-là, franc et libérateur, qui fait du bien autant qu’il surprend.

 

J’ai retrouvé ce qui fait la signature de Stan : cette poésie singulière, cette maîtrise des mots, qu’ils soient les siens ou empruntés aux grands auteurs qu’il convoque avec finesse. Il joue avec la langue comme avec une matière vivante, la tord, la rythme, la danse.

 

Mais au-delà de cela, j’ai découvert un Stan plus intime. Ici, ce ne sont plus les œuvres qui parlent — c’est lui. Christophe. Un homme qui se livre avec pudeur et sincérité, qui évoque sa vie, sa sensibilité, son extrême gentillesse aussi. Il partage ce que c’est que de vivre avec un esprit qui va trop vite, des pensées qui s’entrechoquent — ce que connaissent bien ceux qui vivent avec un TDAH.

 

Et surtout, il raconte comment on apprivoise ce tumulte. Sa réponse, c’est l’écriture. Poser ses mots, déposer ses maux, les transformer. Faire de ce chaos une matière artistique. Et c’est précisément là que le spectacle devient touchant : dans cette alchimie entre fragilité et création.

 

C’est le troisième spectacle de Stan que je vois, et c’est toujours un plaisir de retrouver ce “rappeur gentil”, avec des clins d’œil à son univers si particulier, à la fois rythmé, dansé, et profondément humain.

 

Mais ce qui est beau aussi, c’est que Excusez-moi pardon peut être une première rencontre. On y entre sans effort, et on en ressort avec l’impression d’avoir découvert un artiste à part — et un homme, surtout.