ETRE ou ne pas être



Ecriture et Mise en scène : William Mesguich,  Rébecca Stella

Artiste(s) : William Mesguich


Entre héritage et liberté 

 

L’été dernier, j’écrivais un texte sur toutes les fabuleuses interprétations de William que j’ai eu la chance de découvrir au fil des années.

Aujourd’hui, pas de masque, pas de transformation physique, pas de maquillage.

Cette fois, c’est lui. Lui, enfin, à la fois seul et multiple.

 

De ce petit garçon qui rêvait de football — et qui portait le même prénom que Shakespeare, ce qui n’est finalement pas si étonnant quand on sait qui est son père — jusqu’au comédien qu’il est devenu, tout semble avoir été écrit entre passion et transmission.

Biberonné au théâtre, c’est pourtant vers lui qu’il finira naturellement par se tourner, pour notre plus grand bonheur.

 

On traverse alors les différentes époques de sa vie : l’enfance, l’adolescence, les débuts de l’âge adulte…

 

On y rencontre sa famille : son père, monstre sacré du théâtre classique, et sa mère, professeure de français, débordante d’un amour inconditionnel et bruyant pour son fils. Et déjà, sans même la connaître, on ne peut que l’aimer.

 

Il raconte aussi les rencontres décisives, comme celle avec Pierre Débauche,  ou un match de football qui changera tout. Peu à peu, on se laisse happer par son histoire.

 

Passant d’un personnage à l’autre avec cette aisance qu’on lui connaît si bien, c’est au théâtre de sa propre vie qu’il nous convie ce soir.

La tendresse et l’émotion sont au rendez-vous, mais aussi beaucoup d’humour — une facette plus rare chez lui, et particulièrement savoureuse ici (merci à sa sœur, Rebecca Stella, coautrice de la pièce).

 

Parce que, chez ces gens-là, monsieur, on respire théâtre, on vit théâtre, on mange théâtre… et chacun doit y trouver sa place. Ou plutôt : se faire sa place. Car lorsqu’on est “fils de”, il faut travailler deux fois plus, presque comme un forcené, pour prouver sa propre légitimité.

 

Du Red Star au Chêne Noir d’Avignon, en passant par La Légende des porteurs de souffle, William égrène les années de sa vie avec sincérité, pudeur et générosité.

    William ne joue plus un personnage ce soir : il se raconte. Et c’est sans doute l’un de ses plus beaux rôles.

 

Un coup de coeur Passion Théâtre.

 

Agnès Guéry pour Passion Théâtre